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Fluocompactes et incandescentes

Parfois, les médias rapportent une nouvelle en passant carrément à côté du coeur du sujet. Cyberpresse rapporte que les ampoules fluocompactes, dont le gouvernement vante les vertus pour remplacer les ampoules à incandescence (qui seront probablement interdites au pays d’ici quelques années), pourraient en fait donner un bilan environnemental décevant au Québec.

Pourquoi nuieraient-elles au Québec alors qu’elles réduisent la pollution ailleurs ? Très simple. D’abord, tout le monde sait qu’elles chauffent moins que les incandescentes, donc consomment moins d’électricité; cette faible consommation mène généralement à une baisse des émissions de gaz à effet de serre… Mais ceci s’applique seulement dans les territoires où produire de l’électricité libère des gaz ! Or au Québec, contrée des rivières, l’énergie provient pratiquement toute de nos innombrables cours d’eau harnachés par des barrages (ce qui revient à utiliser de l’énergie solaire, transmise par l’intermédiaire de la pluie et du réseau hydrographique qui la draine). Puisque notre électricité est très propre, l’économie d’énergie offerte par les ampoules fluocompactes a peu d’impact sur la pollution.

Puis vient le vrai coeur du problème: cette minuscule baisse de pollution risque d’être écrasée par le chauffage au gaz et à l’huile. Hé oui. Des ampoules plus efficaces libèrent moins de chaleur ? Montons le chauffage pour affronter l’hiver ! Et avec quoi les honnêtes citoyens qui se croient écologiques se chauffent-ils ? Du méthane et du mazout. Dans notre très logique république à sirop d’érable, il est légal et même parfois bien vu de chauffer sa demeure non pas avec de l’électricité propre générée par les rivières, mais en flambant des saloperies d’hydrocarbures dont le carbone s’en va valser dans l’atmosphère.

L’article de Cyberpresse ne touche malheureusement pas du tout ce problème, et se termine en mentionnant bêtement que ceux qui se chauffent aux combustibles fossiles devraient conserver leurs ampoules à incandescence. Quel délire ! L’option écologique est évidemment d’interdire toute forme pétrolière de chauffage pour privilégier le chauffage électrique. Évidemment, ça coûterait plus cher aux consommateurs, mais cet argument financier ne fait pas le poids quand il est question de l’avenir de la planète… Au besoin, on construira quelques barrages de plus, et puis des éoliennes aussi; ni l’eau ni le vent ne nous manquent, et aucun des deux ne contribue à réchauffer la planète !

~ par M.B. sur 26 mars 2008.

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